L’influence de la religion dans le monde, vue par des ONG

Tribunes de de Guy AURENCHE, président du CCFD, et de Marc FROMAGER, directeur de l’AED.

Photo G.AurenchePhoto Marc-Fromager

Au service du sens, de la société civile et des transformations sociales.

Tribune de Guy AURENCHE, président du CCFD

Photo G.Aurenche

/ Au service du sens. Les violences qui éclatent dans le monde et dans la société française, la réalité de la mondialisation interdépendante contribuent à rendre plus urgente et plus difficile la quête de sens sans laquelle aucune personne ni aucune société ne peut vivre. Le défi est plus que jamais, pour tout pays et toute société d’apprendre à débattre des convictions, non dans l’espoir d’imposer les siennes mais d’inciter chacun à savoir exposer les raisons qui le font vivre et d’entendre les raisons des autres. La contribution chrétienne à ce débat est riche du fait de son projet d’universalité, de sa prétention à fonder la fraternité sur l’égale dignité qui elle-même repose  non sur une doctrine ni une morale mais sur un « appel » à vivre, et à vivre dans une perspective aimante. Le sens proposé par la « religion » chrétienne n’est pas fermé mais par essence ouvert à la relation aux autres et au Tout Autre que l’on nomme Père.

2/ Au service de la société civile universelle. La religion contribue à relier (du moins je le souhaite). L’Evangile invite chaque personne à se lever pour prendre sa place dans la communauté humaine. Il invite à construire la cité et à pratiquer la solidarité à échelle mondiale. Ainsi la religion chrétienne contribue-t-elle à consolider la promotion de la société civile qui constitue l’un des événements majeurs de la mondialisation. La société civile ne s’oppose pas à la prise de responsabilité économique, politique ou financière, mais invite ses membres à  savoir garder du recul, afin de rappeler l’importance du sens dans l’exercice des responsabilités.

3/ Au service de la transformation humanisante. Au cœur de cette construction sociale, le message chrétien n’est pas neutre. Il met l’accent sur le souci prioritaire des personnes et communautés les plus fragiles, sur le partage des ressources que produit la terre, sur la construction d’instances locales et mondiales de Justice, sur l’attention aux générations futures. À travers la pensée sociale de l’Eglise, la religion chrétienne propose des révolutions sociales et invite à l’action, non pas comme un ajout social à la démarche religieuse mais comme un élément constitutif de l’acte de croire.

Guy AURENCHE, avocat honoraire, prés. du Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD-Terre solidaire), prés. d’honneur de la Fed. Inter. de l’ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture), Auteur de LE SOUFFLE  D’UNE VIE, Ed. Albin Michel et LA SOLIDARITÉ, J’Y CROIS ! Ed. Bayard. 2014 .

Tribune mise en ligne le 16 février 2015

Une influence visible ou invisible.

Tribune de Marc FROMAGER, directeur de l’Aide à l’Eglise en DétressePhoto Marc-Fromager

Les croyants vous diront que la religion a une influence importante sur le monde, que cette influence soit visible ou invisible d’ailleurs. En effet, dans la plupart des traditions religieuses existe la notion que le monde repose sur un équilibre de forces et que si le chaos n’est pas plus prégnant, c’est grâce aux efforts spirituels, la prière et la bonté mise en actes, des fidèles.

Pour les sceptiques et les athées – la plupart sont en Occident ou dans des pays marqués politiquement par une idéologie antireligieuse – l’influence de la religion a longtemps été minimisée voire ignorée. Difficile aujourd’hui pourtant, avec la montée des fondamentalismes, d’occulter l’impact du fait religieux sur une bonne partie de la planète.

Il y a bien sûr l’islamisme dont la sphère géographique ne cesse de s’étendre à tel point que l’on se demande si l’islam en sortira indemne. Moyen-Orient, Afrique subsaharienne et  Asie centrale connaissent une radicalisation de l’islam qui a des conséquences concrètes sur la vie de toute la population, y compris des effets en général nocifs pour les minorités présentes.

Il faudrait aussi citer la montée en puissance d’un fondamentalisme hindou et bouddhiste même si les pays concernés sont moins nombreux. Comment ne pas mentionner également l’impact croissant d’une pratique qualifiée d’ultra-orthodoxe au sein du judaïsme ? Enfin, ce mouvement de radicalisation existe aussi au sein du christianisme, en particulier au sein d’un certain nombre de nouvelles églises protestantes, évangéliques ou autres.

Même si l’influence de toutes ces sensibilités religieuses n’a pas le même impact – toutes ne sont pas violentes et certaines apportent même un réel bénéfice aux sociétés dans lesquelles elles rayonnent – il faudrait réellement faire exprès pour ne pas discerner que la religion est revenue au centre des affaires de ce monde.

Marc FROMAGER, directeur de l’AED

Tribune mise en ligne le 16 février 2015

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